Retranscription "mot à mot" du mardi 18 octobre 2011
Journaliste : Après 18 mois passés au Palais du Luxembourg, à Paris, comme sénateur, le patron du LMD va nous expliquer ce qui a changé dans sa vie politique et commenter les dossiers chauds de l'actualité. Simon Loueckhote, bonjour !
Simon Loueckhote: Bonjour.
Journaliste : Comment allez-vous ?
Simon Loueckhote: Très bien. Je me permettrais de préciser que ce n'est pas 18 mois, mais 19 ans.
Journaliste : Pardon, avec toutes mes excuses. 18 ans passés au Palais du Luxembourg, vous allez bien, vous n'êtes plus sénateur, mais sénateur honoraire. Qu'est-ce que ça veut dire, sénateur honoraire ?
Simon Loueckhote: C'est un statut que le bureau du Sénat attribue à tous parlementaires, notamment les sénateurs qui auront passé plus de 18 ans au Sénat. Il y a une autre appellation, c'est membre honoraire du Parlement. C'est réservé aux parlementaires, soit députés, soit sénateurs, qui auront passé la même durée dans l'une ou l'autre des chambres.
Journaliste : Est-ce que ça veut dire que vous êtes un grand sage ?
Simon Loueckhote: On peut l'appeler ainsi, je serais très honoré qu'on m'appela ainsi, mais enfin, il ne faut pas non plus trop exagérer. Je suis un homme comme tout le monde, avec parfois des poussées de fièvre, parce que ça m'arrive de temps en temps, qu'il y a des raisonnements qui peuvent ne pas être partagés par tous. Mais si on dit que je suis un sage, pensez bien que je ne vais pas renier ce qualificatif.
Journaliste : Comment le sage a-t-il vécu sa mise à l'écart, de la part du Rassemblement ?
Simon Loueckhote: C'est dans la nature des choses. Je dirais que, une des raisons pour lesquelles…, puisque vous me posiez tout à l'heure la question, savoir comment est-ce que j'allais, je vous ai répondu tout de suite que j'allais bien, parce qu'en réalité, je n'ai pas souffert de ce que l'on peut appeler une mise à l'écart. Je m'y étais préparé depuis très, très longtemps, à cette éventualité. J'ai toujours considéré que les mandats politiques n'étaient pas des mandats définitifs et qu'à aucun moment, je n'ai pensé que celui-ci devait m'appartenir, tout comme d'ailleurs un mandat de conseiller provincial, ou comme membre du Congrès ou comme membre du gouvernement. On sait très bien qu'on est sur un siège éjectable, comme l'on dit plus communément, et qu'à un moment donné, ma carrière de parlementaire devra prendre fin un jour. Cela faisait 19 ans, j'ai été élu à deux reprises, je sais à qui je le dois, je l'en remercie, même si de là où il est…
Journaliste : Vous pensez à Jacques Lafleur, bien sûr !
Simon Loueckhote: À Jacques Lafleur en particulier. De là où il est, il m'entend, je le remercie du fond du cœur et je remercie également toutes les Calédoniennes et tous les Calédoniens qui m'ont permis d'assumer, pour eux, cette responsabilité. J'ai tenté de l'assumer le plus fidèlement et le plus loyalement, aux convictions qui ont été les miennes au moment où j'ai accepté cette responsabilité et conformément au discours que je leur ai tenu, des engagements que j'ai pris devant eux au moment de mon élection.
Journaliste : Pas de ressentiment ?
Simon Loueckhote: Pas de ressentiment, absolument pas, et je n'en ai pas souffert, parce que j'ai trop vécu moi-même les difficultés qu'ont eues un certain nombre de mes prédécesseurs, voire même de mes conseils, de mes parrains, lorsqu'ils n'ont plus eu à exercer ces responsabilités. Combien de collègues sénateurs ai-je vu fondre en larmes au moment où ils ont perdu un mandat ou les responsabilités qu'ils ont assumées pendant une dizaine d'années, voire même pour certains pendant une vingtaine, une trentaine d'années et que moi-même, je me suis dit qu'il ne fallait pas que je puisse en arriver là, parce qu'on en souffre intérieurement. Et puis, il y a tellement, c'est une philosophie de la vie aussi, il y a tellement de choses à faire sur cette terre, de missions, de responsabilités, de problèmes auxquels il faut qu'on s'attache, qu'on s'attaque, de propositions que l'on doit faire, aider la population, aider les citoyens que nous sommes, en théorie, censés aider, eh bien, je me dis : ben ma mission n'est pas encore terminée, et tant que j'en aurais la force et tant que les Calédoniens me feront confiance, eh bien, je serai présent à leurs côtés.
Journaliste : Vous êtes élu de la province Sud et membre du Congrès. Quels sont donc les dossiers chauds sur lesquels vous planchez en ce moment ?
Simon Loueckhote: Il y en a beaucoup. Je ne planche pas spécifiquement sur un ou l'autre des dossiers, mais en province Sud, il y a énormément de chantiers qui ont été ouverts par le président de la collectivité actuel, mais également par son prédécesseur, et il me vient tout de suite à l'idée, les difficultés financières que rencontre la province Sud. Il est impératif qu'on s'y attaque, parce que cette collectivité ne peut pas continuer de cette façon.
Journaliste : C'est si grave que ça ?
Simon Loueckhote: La situation est assez préoccupante. Je ne dirais pas qu'elle est grave au point que la province Sud ne puisse plus fonctionner demain. Mais disons que sa situation, elle est préoccupante et au regard, en particulier, des responsabilités, de la charge qu'elle doit assumer désormais. Nous venons de nous faire communiquer, par le cabinet qui a été retenu par l'État et par le comité des signataires, du bilan de l'Accord de Nouméa. Et celui-ci est très parlant et très instructif à cet égard. Il est bien démontré que, effectivement, ce que l'on supputait depuis longtemps, mais sans que l'on en ait aucune base, ni des preuves, eh bien, le cabinet vient de démontrer effectivement que les populations du Nord et les populations des îles, malgré l'argent, malgré les moyens qui ont été donnés pour ces deux provinces, pour leur permettre, au nom du rééquilibrage, de participer au développement et contenir leur population, eh bien malgré cela, les populations ont continué à affluer vers la province Sud. Pendant le même temps, les moyens financiers qui sont issus de la capacité de la Calédonie à produire de la richesse, eh bien la répartition est prévue dans la loi organique, eh bien, ont profité davantage au Nord et aux îles et ont quelque peu desservi la province Sud.
Journaliste : Comment vous expliquez cette contradiction ? D'un côté, des moyens humains et financiers très importants, investis dans le Nord et en province des îles, et de l'autre côté, l'exode qui continue et les différences de niveaux ?
Simon Loueckhote: Mais tout simplement parce que le rêve que nous avons tous caressé, au moment où nous avons négocié les Accords de Matignon et au moment où nous les avons signés, et ensuite, que l'on a perpétué par l'Accord de Nouméa, eh bien, ils n'ont pas pris. Ce rêve, il ne s'est pas réalisé. Malgré tous ces moyens et toute cette aide au nom du rééquilibrage que l'on a donnés à ces deux provinces, les populations, elles, qui ne répondent pas de l'ambition qui a été traduite par les acteurs politiques de la Nouvelle-Calédonie, au moment des Accords de Matignon et de la Rue Oudinot, et ensuite, de l'Accord de Nouméa. Eh bien, ces populations, elles, ont continué à se déplacer vers Nouméa parce qu'elles sont à la recherche de quelque chose qu'elles n'ont pas là où elles vivent, que ce soit dans le Nord ou dans les îles. On dit traditionnellement qu'elles vont vers la lumière de la ville, vers les lumières de la ville. Ont-elles eu raison ? N'ont-elles pas raison ? Je suis incapable, aujourd'hui, de dire et de qualifier et de peser en tous les cas ce choix. Ce qui est certain aujourd'hui, c'est que la province Sud, elle se retrouve dans une difficulté immense et que ça fait partie des préoccupations qui sont les miennes.
Journaliste : On dit aussi l'emploi.
Simon Loueckhote: On dit aussi l'emploi, parce qu'il n'y a pas eu suffisamment d'emplois qui ont été créés dans le Nord et dans les îles Loyauté ou, en tous les cas, les rares emplois qui ont été créés n'ont pas été suffisamment ancrés dans le paysage et maintenus pour pouvoir retenir ces populations. Ça a été des emplois épisodiques ou des emplois qui ont une durée de vie limitée à six mois, à un an, à deux ans, à trois ans, et puis ensuite, c'est le cas par exemple du chantier du Nord, il va être à terme dans quelques temps, et puis les entreprises vont devoir licencier. Et tout naturellement, les populations se tournent vers là où se crée encore de la richesse. Et où se trouve cet endroit-là ? C'est principalement la province Sud. Voilà pour un chantier qui est une de mes préoccupations dans la province Sud. Mais c'est une préoccupation qui est partagée par beaucoup d'élus, sinon quasiment la totalité des élus de la province Sud et des autorités de la Nouvelle-Calédonie, même, je dirais. Mais il n'y a pas que ce chantier, il y en a beaucoup d'autres.
Journaliste : Didier Guénant Janson dit aujourd'hui : il faut des résultats forts, concrets, des mesures et des réformes d'ici la fin de l'année, pour lutter contre la vie chère.
Simon Loueckhote: Alors là, on passe de mes préoccupations de la province Sud à des préoccupations d'ordre territoriale, parce que la préoccupation et la revendication…
Journaliste : Votre avis.
Simon Loueckhote: Il a tout à fait raison. La revendication de Didier Guénant et de l'intersyndicale, c'est que le gouvernement et l'ensemble des autorités de la Nouvelle-Calédonie, nous arrêtions de dire que nous comprenons leurs revendications, que nous sommes d'accord avec l'intersyndicale, mais que derrière, il n'y a aucune mesure qui soit prise et que toutes les mesures qui ont déjà été prises jusqu'à présent, parce qu'il ne faut pas être non plus injuste, au moins, trois gouvernements que je connaisse, eh bien, ont créé des mesures pour tenter d'aider les plus défavorisés d'entre les Calédoniens à faire face à cette problématique qu'est la cherté de la vie en Nouvelle-Calédonie. Ces mesures ont été considérées comme marginales, et c'est vrai. Donc, l'intersyndicale aujourd'hui a proposé, a exercé une pression sur tout le monde, et aujourd'hui, on en est…
Journaliste : Sur le monde politique, les décideurs politiques.
Simon Loueckhote: …, voilà, sur le monde politique et aujourd'hui, nous nous attaquons au problème. Mais (?), comme je le qualifiais sur mon profil Facebook, on n'est pas encore à attaquer le bois dur. Pour le moment, on est que dans des considérations générales. C'est ainsi que nous avons déjà négocié les termes du préambule, nous l'avons signé, il n'a pas fallu moins de quelques centaines d'heures de travail pour la rédaction du préambule, savoir si on est tous d'accord avec les chiffres, les termes, mettre, là, la virgule, etc., etc., le nombre de pages. Là, maintenant, on est convoqués par le président du Congrès, qui est aussi le président de la commission spéciale vie chère, pour une autre réunion mercredi après-midi, et là, on va s'attaquer au règlement intérieur et puis à prendre connaissance d'un certain nombre d'autres données. Là où je suis un peu d'accord avec la nouvelle revendication de l'intersyndicale, c'est qu'effectivement, il faut aller vite, il faut s'attaquer au bois dur, aux grands principes, parce qu'en attendant, l'heure, elle tourne, les populations sont de plus en plus dans la difficulté, on arrive aux fêtes de fin d'année. C'est un moment privilégié dans l'économie de la Calédonie où les gens dépensent davantage. On sait même que c'est à ce moment-là que, même les plus endettés n'hésitent pas à s'endetter encore un peu plus, parce que les commerçants, les vendeurs de tous produits de toutes natures font des exceptions, présentent des avantages qui viennent grever les budgets des familles les plus nécessiteuses en particulier, et qui augmentent l'endettement de ces mêmes familles. Et donc, c'est catastrophique. Donc oui, il faut que nous prenions connaissance d'un certain nombre de données, il faut que l'on définisse des modalités de travail, mais il est grandement temps quand même d'aller au-delà et puis de s'attaquer au cœur du problème.
Journaliste : La première réforme à prendre, à effectuer, ce serait laquelle ?
Simon Loueckhote: Des réformes, il y en a pas mal.
Journaliste : Par rapport à la vie chère ? La fiscalité, peut-être ?
Simon Loueckhote: Oui, vous savez qu'il y a un grand chantier qui va être ouvert, puisque le gouvernement a commandé, mais il y a déjà quelques années de cela, un inspecteur général du ministère des finances à Bercy, à Paris, pour qu'il vienne nous faire une expertise de la fiscalité locale et de nous tracer des pistes dans lesquelles on pourrait s'engager pour, d'abord, rendre la fiscalité calédonienne beaucoup plus attractive, mais également qu'elle puisse répondre à des situations qui sont extrêmement compliquées pour la Nouvelle-Calédonie. Et la fiscalité est l'un des outils qui est à notre disposition aujourd'hui, que l'on peut utiliser pour participer à lutter contre la vie chère.
Journaliste : La mise en examen du président du gouvernement, Harold Martin, ne porte-t-elle pas préjudice au camp loyaliste auquel vous appartenez ?
Simon Loueckhote: Qu'on s'entende bien et que vos auditeurs comprennent bien la situation : être mis en examen ne veut pas dire qu'il est inculpé. Il y a la présomption d'innocence.
Journaliste : Non mais là, je parle de l'aspect symbolique.
Simon Loueckhote: Voilà, mais vous me posez la question, je vais répondre, mais il faut pas non plus que les auditeurs comprennent que je condamne immédiatement Harold Martin, parce qu'il n'y a aucune raison, pour moi, objectivement. Il y a aucune raison pour moi, aujourd'hui, de dire : il a tort, il a ceci, il a cela. Aujourd'hui, il est couvert par ce qu'on appelle la présomption d'innocence. Maintenant, s'il est avéré effectivement qu'il y a eu problème, alors effectivement, il faut que nous puissions, nous, nous protéger contre des pratiques qui pourraient être condamnées par la justice et qui ne pourraient pas être comprises par la population, au moment où celle-ci, elle est dans l'attente de mesures concrètes pour participer à la lutte contre la vie chère, à les aider davantage, et puis que nous-mêmes, les hommes politiques, devons faire un effort, devons présenter le meilleur de nous-mêmes parce que nous sommes, quelque part également, à l'image de la société. Et donc, il ne faut pas qu'on transmette cette image à la population et qui permet souvent de dire : tous des pourris, etc., et ça, c'est très préjudiciable à l'action publique et l'action politique. On n'aurait plus de crédibilité et la population, qui est dans l'espérance de quelque chose, eh bien, elle attend de nous des messages forts, un comportement sans ambages, sans ambiguïtés, parce que les problèmes de la vie, ils sont devant nous et il faut s'y attaquer. Et pour cela, il faut avoir aussi de la crédibilité, beaucoup de crédibilité.
Journaliste : Considérez-vous que vous appartenez toujours au camp loyaliste, et si oui, êtes-vous aujourd'hui dans l'opposition, comme Philippe Gomès pourrait l'être ?
Simon Loueckhote: Ce qualificatif de camp loyaliste, il est bien compris par tous les Calédoniens de la même façon. C'est-à-dire que ce sont ceux qui veulent que la Nouvelle-Calédonie reste française. Eh bien oui, je suis dans ce camp-là. Maintenant, il y a des pratiques, il y a des façons de se comporter dans la vie, il y a des actions publiques que l'on doit mener, que je ne partage pas totalement avec les gens de la même famille, la famille loyaliste. Et c'est pour cette raison-là, c'est ce qui explique en grande partie ce pourquoi j'ai créé ma propre formation politique, le Mouvement de la Diversité.
Journaliste : Vous n'êtes pas sur une opposition frontale, comme Philippe Gomès l'est par rapport au Rassemblement, à ce qu'on appelle "l'alliance", avec l'Avenir ensemble, l'UC et le Parti travailliste ?
Simon Loueckhote: Non, non, on se rend bien compte : la vie politique aujourd'hui…, et on peut faire le tour des grandes démocraties dans le monde. Et la toute première à laquelle je ferai référence, c'est la France. On voit bien, aujourd'hui, qu'on ne peut plus, tout seul, combien même on aurait été majoritaire, combien même on revendiquerait la confiance que la population a mise en soi pour dire : je vais diriger seul le pays et je vais faire tout seul, parce que c'est moi qui ai été élu. On voit bien que ça ne peut plus marcher, ça ! Regardez ce qu'a fait Nicolas Sarkozy en France, alors qu'il a été brillamment élu en 2007. Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à faire l'ouverture. Il a fait l'ouverture, parce qu'il avait besoin de ce soutien de la gauche pour mener les réformes nécessaires pour modifier la France. Il n'y est pas arrivé complètement, mais enfin, il l'a quand même fait ! Et pourtant, il aurait pu se réfugier derrière le résultat qu'il a obtenu en 2007 et dire : j'ai eu la confiance des Français, je le fais. Eh bien non ! Nicolas Sarkozy a dit quoi ? Il a dit : ben moi, je vais faire l'ouverture. Je vais appeler un certain nombre de socialistes que j'ai identifiés pour leur qualité, pour leur savoir-faire, pour leur professionnalisme, pour me donner la main, et avec ça, emmener avec moi cette tranche de la population française pour les grandes réformes qui attendent la France. Eh bien ici, on ne peut plus raisonner tout seul dans son coin. Moi, je participe aux côtés de toutes celles et de tous ceux qui mobilisent les énergies pour faire avancer les problèmes. Ça n'est pas simple ! S'attaquer aux problèmes du coût de la vie, on ne claque pas les doigts comme ça et puis tout se résout. Ce n'est pas parce qu'on est majoritaire dans le pays qu'on a la science infuse et qu'on a les vraies solutions pour régler les problèmes. Il faut aller chercher les autres, prendre les meilleures idées qui viennent de untel, de untel, de untel, de les mettre en convergence pour faire avancer la réflexion et tenter de trouver la solution.
Journaliste : C'est un peu l'union nationale ?
Simon Loueckhote: Pour s'attaquer aux véritables problèmes que connaît la Nouvelle-Calédonie. Et on n'en est pas exempt. Pourquoi devrions-nous faire différemment des autres ? Il y a déjà eu des expériences qui ont été tentées partout. Il faut le faire. Quand il y a des initiatives de rapprochement qui sont fait entre les uns et les autres, mais moi, je salue, j'applaudis des deux mains, parce que c'est nécessaire, dans l'objectif de régler les problèmes des Calédoniens, de créer un climat de confiance, parce qu'il faut, ensemble, préparer l'avenir, c'est très, très bien. Il faut d'abord commencer par sa famille, parce que, bien entendu, ce sont les seuls, en théorie, avec lesquels on a le plus de chance de réussir et puis aller vers les autres, etc., mais il faut le faire. Donc moi, je suis toujours, aujourd'hui, dans le camp loyaliste, comme vous le dites, et puis je suis prêt à participer, aux côtés de toutes celles et de tous ceux qui verront, en moi, et en celles et ceux qui sont avec moi, une capacité d'apporter davantage d'énergie, je suis prêt à m'y engager.
Journaliste : Le LMD, comment se porte-t-il ?
Simon Loueckhote: Bien, très bien. Nous nous réunissons régulièrement.
Journaliste : Combien d'adhérents ?
Simon Loueckhote: On a 680 adhérents. J'engage, à compter de la semaine prochaine, une première réunion que j'ai qualifiée…, que nous avons qualifiée de rendez-vous citoyen, sur des thématiques de préoccupations de Calédoniens et le premier thème que nous avons retenu, c'est la sécurité routière. Nous l'organisons mercredi de la semaine prochaine, entre 18 h et 20 h. J'ai fait appel à des personnes que j'ai qualifiées de personnes ressources, qui vont venir nous faire une présentation de l'état actuel de nos réglementations en matière de sécurité routière. On va parler du code de la route, on va parler de toute une série de sujets. Donc, ces personnes ressources vont venir présenter cela. J'ai également sollicité les associations qui militent dans ce secteur. J'ai également sollicité les professionnels de ce secteur, dont tous ont répondu favorablement, et donc, la semaine prochaine, pendant une heure, on va débattre de cette question et puis arrivera une petite partie de cette soirée où on proposera un certain nombre de pistes que moi-même, avec les responsables de notre mouvement, allons porter à la connaissance, et du gouvernement, et des autres autorités de la Nouvelle-Calédonie, pour dire : voici ce qui existe dans l'état actuel de nos réglementations et voici ce que l'on pourrait faire d'autre, en termes de réglementation, pour améliorer encore un peu plus la sécurité routière et participer, bien entendu, à la lutte contre l'hécatombe, malheureusement, il faut bien le reconnaître, que l'on connaît en Nouvelle-Calédonie sur les routes et ailleurs.
Journaliste : Comment votre organisation se positionne-t-elle par rapport aux futures élections législatives de 2012 ?
Simon Loueckhote: On y pense, on s'y prépare.
Journaliste : En vous rasant tous les matins ?
Simon Loueckhote: Oh, je n'ai pas cette prétention-là, parce qu'on a tellement d'autres préoccupations, qu'on ne va pas penser qu'aux élections. Mais disons que, non, on s'organise en fonction de ces grands rendez-vous. Je l'avais déjà dit à plusieurs reprises, qu'il faudra compter avec nous, à ces élections, aux élections provinciales, aux élections municipales, tout autant que nous serons présents et que nous voudrons participer. Le mouvement est organisé pour.
Journaliste : Un dernier mot, et ce sera peut-être un scoop, vous allez être candidat ?
Simon Loueckhote: Oh, lala, non, c'est peut-être encore un peu prématuré pour répondre à cette question, mais je vous ai dit : on s'y prépare. Et ensuite, le moment venu, on répondra comme on l'entend.
Journaliste : Simon Loueckhote, merci.
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